Malheureusement ceci n'est pas un poisson !
La Californie est en déficit depuis notre arrivée...
Quelles sont les conséquences visibles ?
Tout d'abord les deux budgets qui ont le plus souffert des coupes budgétaires ont été la santé et l'éducation. De nombreux employés du secteur public ont été mis au chômage technique un jour par semaine... la semaine des 4 jours version américaine.
Certaines écoles ont purement et simplement supprimé de nombreux cours : art, musique... Certains copains américains ont ainsi opté pour le home schooling c'est-à-dire l'école à la maison ! D'autres parents s'investissent dans la vie de l'école, parfois presque à mi-temps (!), et s'occupent par exemple de la bibliothèque.
Déjà que les écoles ferment au plus tard à 14h, s'ils suppriment encore des cours on se demande ce que les enfants vont faire de leur journée...
Car on parle souvent du modèle américain en disant que les enfants font du sport... mais en école primaire il n'y a souvent que des "garderies" payantes proposées l'après-midi.
Si vous voulez faire faire du sport ou de la musique à vos enfants, il faut les inscrire à des activités extra scolaires, pouvoir les véhiculer en pleine journée (dans un coin comme chez nous les transports publics ne courent pas les rues) et pouvoir payer les 50 dollars mensuels minimums que coûte chaque activité !
A Cupertino, une ville voisine, une "quête" est même organisée auprès des parents : 350 dollars par famille pour renflouer les caisses des écoles.
Dans de nombreux state ou national park de petites pancartes fleurissent expliquant leur manque de moyens : la ferme pédagogique à coté de chez nous est menacée de fermeture, les toilettes sur les plages ferment faute d'argent pour payer les employés municipaux (cf photo).
Voici une étude de l'ambassade de France intéressante, notamment sur l'explication des difficultés pour l'État à voter chaque année son budget :
"Selon un rapport de Bill Lockyer, Trésorier de l’état de Californie, le déficit budgétaire atteignait 35,8 milliards de dollars en février 2009. Un premier vote de budget a alors permis de faire face à cette situation grâce à la réalisation de 15 milliards d’économies sur différents programmes (éducation et santé principalement), 12,5 milliards d’augmentation des ressources de l’état (impôts et taxes) et 8 milliards de ressources supplémentaires dans le cadre du stimulus fédéral (ARRA). Mais ce rééquilibrage n’a pas duré longtemps et le déficit budgétaire était toujours de 24 milliards de à l’été 2009. Pour cette raison, le budget initialement voté a été amendé le 25 juillet 2009 pour réaliser 16 milliards d’économies supplémentaires.
Toutefois, ce vote est intervenu après le début de l’année fiscale à cause de l’inertie politique de l’état de Californie (cohabitation entre un gouverneur républicain et un pouvoir législatif contrôlé par les démocrates, radicalisme fiscal d’une partie des élus républicains, règles d’origine référendaire, en particulier celle qui limite la possibilité d’augmenter les taux d’imposition : un amendement constitutionnel adopté dans les années trente impose l’obtention d’une majorité des deux tiers à l’Assemblée pour toute augmentation des impôts étatiques). Entre temps, l’état a donc du émettre des bonds IOU (I Owe You) pour honorer ses dettes.
La récession a été au moins aussi forte sinon plus accentuée en Californie que dans le reste du pays. En décembre 2009, le chômage y atteignait 12,4% (10% en moyenne aux Etats-Unis) contre 4,9% au plus bas en 2006. La situation sur le marché de l’emploi ne devrait pas s’améliorer avant le début de l’année 2011.
L’hypothèse que l’Etat fédéral puisse venir au secours de la Californie n’a pas été retenue. En effet, si l’Etat fédéral subventionne les états fédérés sur des critères prévus par la loi (une part importance des dépenses du stimulus de février est constituée de soutien aux dépenses sociales des états), il ne vient pas au secours de ces derniers lorsque leur situation budgétaire se dégrade.
Les possibilités d’endettement des états fédérées aux États-Unis sont limitées, en particulier par des règles qu’ils se sont eux-mêmes donnés. La dette californienne, qui résulte d’une succession d’autorisations spéciales du pouvoir législatif local atteint tout de même 68 milliards de dollars, soit 3,7% du PIB local et les ¾ des recettes du budget 2010. Elle est aujourd’hui la plus mal notée des Etats-Unis par les agences de notation (BBB ‘pourrie’ par Fitch)."
jeudi 1 avril 2010
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1 commentaire:
Y a pas foule de commentaires économiques hein ?
Toto Gaillard.
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